Gestion
des milieux naturels

Natura 2000
Sur le terrain…

Afin d’apporter des réponses concrètes aux questions soulevées par la mise en œuvre de la Directive “Habitats” par les acteurs du site “Estuaires et littoral picards”, le SMACOPI, opérateur pour la rédaction du document d’objectifs, les a invités le 17 mai dernier au Marais Vernier (4 500 ha).

Dans la dernière boucle de la Seine, ce site Natura 2000 constitue une entité particulière liée à la présence, au sud de ce marais, de la plus importante tourbière française.

Reportage
Le site pilote du “Marais Vernier et Risle maritime”, situé à 2 h d’Abbeville, est intéressant à plusieurs titres :
• la concertation s’est engagée dès 1994 et un premier bilan peut être établi,

• le contexte de marais arrière-littoral à forte valeur cynégétique.

Des financements importants ont été mobilisés pour des travaux de gestion au bénéfice des propriétaires et des ayants droit.

Une excursion sur site plébiscitée…

Sensibilisés par le projet, les visiteurs picards (M. Bourgau,

Adjoint au Maire du Crotoy ; M. Hautefeuille, agriculteur et Maire de Cahon-Gouy ; M. Fuentes, chasseur ; MM. Bouteiller et Floublin de la Fédération Départementale de la Chasse ; M. de Thézy, agriculteur) ont accueilli favorablement cette initiative de visite de terrain.

M. de Thézy se dit aujourd’hui convaincu de l’intérêt d’une telle démarche qui se rapproche de l’opération “Plaine Maritime Picarde” à laquelle il avait souscrit et veut croire à une prise de conscience du monde agricole.

“Si la crainte est de voir apparaître de nouvelles contraintes, c’est peut-être le prix à payer pour préserver les milieux et pérenniser leurs états” confie-t-il.
“Au final, chacun garde le choix de signer ou non le contrat”.

 

Interview : M. de Colnet, conseiller municipal de Cahon-Gouy
Le point de vue de M. de Colnet, conseiller municipal de Cahon-Gouy, propriétaire de 25 ha de terrain dans la vallée de la Trie (Bois de Bannes).

Que vous a apporté cette visite ?
Cela nous a permis de rencontrer des propriétaires privés, des élus locaux, des agriculteurs, des chasseurs et de constater qu’aujourd’hui les relations sont bonnes.

Quelle devrait être, selon vous, l’implication des communes concernées par ce projet ?
Il faudrait déjà que ces communes soient plus présentes dans les réunions qui sont organisées.
Les élus doivent montrer l’exemple, notamment par l’intermédiaire des terrains communaux lorsqu’ils présentent un intérêt particulier pour la faune et la flore.

Je pense que si des actions étaient engagées sur ces terrains, cela amorcerait un climat plus favorable aux discussions.

Que diriez-vous aux propriétaires particulièrement sceptiques ?
Il faut tout d’abord que Natura 2000 puisse proposer des actions concrètes. La seule solution pour faire évoluer les mentalités, c’est de montrer aux gens le bénéfice qu’ils peuvent en retirer.
Je trouve que le Marais Vernier constitue un bel exemple de ce qui peut être fait avec des actions souvent relativement simples à mettre en place.

Peut-on adhérer à Natura 2000 avec l’esprit de rentabilité à tout prix ?
Effectivement, je pense qu’il faut avant tout voir à long terme mais aussi que les gens arrivent à payer leurs impôts.

Sur la commune de Cahon-Gouy, la plantation d’une peupleraie représente une rente financière pour la commune qui est loin d’être négligeable. Comme moi, beaucoup de personnes se rendent bien compte que cela rend les milieux stériles et qu’il n’y a guère que le Loriot qui affectionne ces arbres.

En ce qui me concerne, c’est la coupe des peupliers sur mon terrain qui m’a permis de régler les frais de succession et j’en ai même replanté quelques-uns afin que mes enfants puissent faire de même.