Aménagement
de la côte Picarde

Le Conservatoire du Littoral

un acteur essentiel au développement de la Côte Picarde

4 questions à...
Christophe LefebvreDélégué Régional du Conservatoire

Comment définiriez-vous le Conservatoire et sa vocation ?
Le Conservatoire de l'Espace Littoral et des Rivages Lacustres est un établissement public à caractère administratif, créé par la loi du 10 juillet 1975, qui lui donne mission de protéger et sauvegarder les espaces naturels sensibles du littoral français. C’est un outil au service de la protection du littoral et de son patrimoine national.

Quelle est votre fonction sur le littoral picard ?
Je suis Délégué Régional du Conservatoire depuis 1982 sur le littoral picard. Cela consiste à construire une politique foncière de protection en relation avec les acteurs locaux et à définir avec eux la meilleure stratégie. Je représente l'Etat pour mettre en place, dans la meilleure concertation possible, une politique d'intérêt général.

Quelles sont vos impressions sur les aménagements et les actions de préservation effectuées depuis 15 ans ?
Le Conservatoire a, dès 1983, collaboré étroitement avec le SMACOPI en signant une convention pour la gestion des terrains acquis sur la Côte Picarde. Le SMACOPI a réalisé des prouesses. Le fait qu'il soit gestionnaire de nombreux équipements qu'il a lui-même réalisés et programmés, l'incite à faire les meilleurs choix et les meilleurs investissements possibles. Un chiffre mérite d'être retenu : 10 MF ont été investis depuis 15 ans par le SMACOPI avec des financements du Conservatoire, du Ministère de l'Agriculture, du Département de la Somme et du Conseil Régional de Picardie, pour réaliser des travaux de fixation de dunes, d'aménagements pour l'accueil du public et de gestion des zones humides.

Quel est votre sentiment sur l’avenir de la Côte Picarde ?
L'avenir de la Côte Picarde dépendra essentiellement de l'évolution de la culture picarde. En fait, il faudrait avant tout protéger cette culture si l'on veut protéger la nature. Cette avenir dépendra aussi de l’acceptation des procédures qui “écolabellisent” la Côte Picarde, car plus que toute autre région littorale, la Côte Picarde mérite d'être connue internationalement à sa juste valeur. C'est ce qui lui permettrait de préserver son authenticité pour peu que les hommes qui ont construit cette authenticité restent les mêmes.

Acquisition du bois de Rompval
par le Conservatoire du Littoral

La politique de préservation des milieux naturels s’opère sur l’ensemble du littoral et ne se limite pas à la protection des massifs dunaires et des zones humides. Elle concerne tous les espaces sensibles tels le bois de Rompval et ses prairies calcaires. Situé sur la falaise de Mers-les-Bains, celui-ci est un des rares endroits encore boisés surplombant la mer. Sa récente acquisition par le Conservatoire de l'Espace Littoral remonte à 1994. Elle a pu s'opérer, hors zone de préemption, par la volonté de l’ancien propriétaire de préserver la qualité exceptionnelle de ce site. La propriété d'une superficie de 68 ha est couverte par 52,5 ha de bois et 15,5 ha de pelouses calcicoles. Elle est entaillée de deux valleuses assez encaissées qui, selon l'exposition, offrent une flore diversifiée. Ce bois reste intéressant en tant que bois arrière-littoral qui fait figure de véritable formation relictuelle. La chênaie frênaie est ici caractéristique du milieu.
Le bois de Rompval s'inscrit dans la logique dans la politique de préservation des sites menée par le Conservatoire du Littoral et le SMACOPI.


 

Réserve Naturelle et activités de pêche

En cet automne 1995, il s'est avéré que les seuls gisements de coques restant en Baie de Somme se situaient dans la Réserve Naturelle. Conformément au décret, le ramassage s'y est pratiqué tout à fait normalement. La faible densité de ces coques a incité le Conseil Général à tenter une opération de réensemencement au nord du site. Le personnel de la Réserve Naturelle a contribué à l'opération, tant au niveau de son montage que de sa réalisation.


L’huitrier-pie et les coques

Figurant, les années normales, parmi les plus importants sites de production de coques au plan national, la Baie de Somme accueille également un effectif d'huitriers-pies (espèce de limicole se nourrissant principalement de ce bivalve) parmi les plus élevés en France.
Le directeur de la Réserve, Patrick Triplet, travaille depuis de nombreuses années sur les relations existant entre l'oiseau et le coquillage. Au mois de novembre, il a pu confronter ses résultats à ceux obtenus par des chercheurs britanniques et néerlandais ; une réunion de ces spécialistes se tenait en effet au Pays de Galles dans le cadre d'un programme international visant à déterminer l'impact des coques sur le stationnement des oiseaux.
Une prochaine réunion de ce groupe de chercheurs se tiendra en octobre 1996, en Baie de Somme.