Aménagement
de la côte Picarde

Digue des bas-champs

3 questions à... Jérôme Bignon

Jérôme Bignon est Député de la Somme et Conseiller Général du canton de Oisemont

Quels ont été les problèmes rencontrés lors des inondations de 1990 ?
Les inondations de février 1990 ont été très mal ressenties par la population de la Côte Picarde Sud. Outre la crainte physique pour eux-mêmes et leurs habitations, les habitants dénonçaient l’absence de prise en charge par l’Etat de la situation particulière de cette zone.


Comment avez-vous réagi ?

Alors vice-Président du Conseil Régional chargé des infrastructures, mon rôle a consisté à sensibiliser les élus régionaux à l’importance du problème. Le potentiel agricole et touristique des bas-champs justifiait pleinement que joue la solidarité régionale dans le cadre de ses attributions en matière d’aménagement du territoire et du développement local.

Quel a été le rôle du Président du Conseil Général ?
Le rôle de Fernand Demilly, Président du Conseil Général, a été déterminant. Il a su engager sa collectivité pour fédérer l’ensemble des partenaires afin de renforcer cette digue et développer cette zone si attachante.

 

Le point sur l’état d’avancement de l’opération

Suite à la rupture de la digue des Bas-Champs en 1990, la question du "devenir des Bas-Champs" a fait l’objet de nombreuses discussions. L’association Syndicale Autorisée (ASA) des Bas-Champs et ses partenaires immédiats ont demandé la réalisation d’études et expertises du littoral afin d’effectuer des travaux de restructuration. Le SMACOPI a été désigné comme maître d’ouvrage de cette opération.
Différents scénarios d’évolution de la zone littorale ont été abordés afin d’établir un projet de protection. La solution retenue par le comité de pilotage consiste à étendre à l’Amer sud de Cayeux, le type de protection actuel mis en oeuvre depuis 1986 (épis et casiers avec rechargement d’entretien annuels en galets et épaulement à l’arrière). Une enquête publique sur la solution retenue et le parcellaire s'est déroulée du 27 février au 14 avril 1995 sur les communes concernées (Cayeux, Woignarue, Pendé, Lanchères, Brutelles). Le commissaire enquêteur, M. Jacques Hédouin de Rue, a donné un avis favorable sur la solution retenue. Un dossier de consultation des entreprises est en cours de réalisation. Un appel d'offres sera lancé dans le courant de l'automne.
Quant au parcellaire, un avis défavorable a été donné et sera suivi d'une extension de l'enquête publique.

Gestion du Hâble d’Ault

Les cygnes dans le marais du Hâble d’Ault

N’ayant pas pour vocation de gérer les terrains dont il est propriétaire, le Conservatoire de l’Espace Littoral et des Rivages Lacustres en délègue la gestion. Pour la Côte Picarde, son partenaire privilégié est le SMACOPI, en collaboration avec le Conseil Général de la Somme. C’est plus de 70 ha qui sont concernés dans le secteur du Hâble d’Ault.
Par ailleurs, la Société Civile Immobilière du Hâble d’Ault, dépendant de l’Office National de la Chasse, est propriétaire des 62 ha de la Réserve d’Avifaune du Hâble d’Ault. Le rapprochement de la SCI du Hâble d’Ault et du SMACOPI, par le biais d’une convention de coopération confiant la gestion à ce dernier permet d’engager des actions homogènes sur quelques 130 ha. La zone de préemption déjà en place couvre 270 ha. Vaste lagune d’eau douce délimitée à l’ouest par un cordon littoral de galets et entourée par tout un secteur de bas-champs, le site du Hâble d’Ault se trouve sur l’axe Atlantique des migrations fréquenté par 260 espèces d’oiseaux dont 50 sont nicheuses.
Les engagements des deux parties
La SCI du Hâble d’Ault et le Conservatoire de l’Espace Littoral et des Rivages Lacustres poursuivent leurs missions de protection et de sauvegarde du marais, avec pour objectif le développement de l’accueil de l’avifaune sauvage et confient au SMACOPI les travaux nécessaires à la conservation du caractère naturel et au maintien écologique du site. Le SMACOPI s’engage à assurer l’entretien des milieux naturels et des équipements, la surveillance et le gardiennage des terrains, l’animation et l’accueil du public. Un garde est employé à cet effet par le SMACOPI avec une participation annuelle de 40 000 F de la SCI sur le salaire et les frais liés à cet emploi.
Le Conseil Régional de Picardie, au titre des emplois verts, participe également à la prise en charge du salaire du garde ainsi qu’à l’acquisition du matériel d’entretien.
Comité de suivi :
un partenariat avec l’ONC
Un comité de suivi, composé de l’ONC, de la SCI, du Conservatoire et du SMACOPI se réunira deux fois par an au minimum, pour faire le point sur les actions à mener dans le cadre de cette convention. La coordination technique des travaux à entreprendre est quant à elle assurée par l’ONC dans le cadre d’un plan de gestion.